Invité par le RC Fribourg, le célèbre journaliste français Nelson Monfort a partagé avec humour et sincérité près de quarante ans de journalisme sportif, mais surtout une certaine philosophie de la rencontre.
Après avoir quitté France Télévisions à plein temps, le journaliste n’a pas vraiment ralenti. Chroniqueur sur CNews, auteur de spectacles consacrés notamment à Georges Brassens et Jean Ferrat, il prépare également un livre de souvenirs nourri par ses rencontres au fil de 16 Jeux olympiques et de 30 Roland-Garros. «Le téléphone sonne peut-être moins, mais il sonne mieux», a-t-il résumé avec malice devant les membres du RC Fribourg, réunis pour leur lunch le 26 août.
Son credo professionnel lui vient de son mentor, Jacques Chancel: «Pour réussir dans ce métier, il faut aimer les gens.» Pour Nelson Monfort, une bonne interview commence avant même la première question. Un regard, un sourire, une attitude sincère valent souvent davantage qu’une longue liste de questions. Il résume cette philosophie en quatre mots commençant par H: honneur, humour, humilité et humanité. L’humilité, notamment, consiste à ne jamais oublier que la vedette, c’est le sportif. Même lorsqu’il était le premier journaliste à interviewer Rafael Nadal après ses victoires à Roland-Garros, il savait parfaitement que le champion était là pour gagner, pas pour lui.
Nadal reste d’ailleurs l’une des personnalités qui l’ont le plus marqué. Monfort raconte que les ramasseurs de balles de Roland-Garros décernent chaque année un «prix orange» au joueur le plus sympathique et un « prix citron » au moins agréable. Nadal arrivait systématiquement en tête du prix orange, apprécié pour son respect et sa manière de traiter les jeunes ramasseurs.
Autre souvenir mémorable: une émission avec Usain Bolt, prévue pour durer dix minutes… et qui s’est finalement prolongée pendant une heure et demie. Le journaliste garde du sprinteur jamaïcain le souvenir d’un homme particulièrement chaleureux et attachant. La spontanéité est justement une valeur à laquelle Nelson Monfort tient énormément. Et le public adore. Le journaliste déplore à l’inverse les «éléments de langage» et les comportements formatés. Il évoque notamment des sportifs ou personnalités très aimables devant les caméras mais beaucoup moins lorsqu’elles s’éteignent. À ses yeux, la véritable qualité humaine se révèle précisément lorsque personne ne regarde.
Et il conclut sur une dernière valeur, peut-être la plus essentielle et par ailleurs aussi très rotarienne: la confiance et la parole donnée. «Les plus beaux contrats que j’ai signés ou que j’ai eus, c’était sur la parole donnée.» Nelson Monfort connaît aussi le Rotary de l'intérieur: en novembre 2025, le RC Romorantin (France) avait notamment organisé une représentation de sa pièce Ça patine à Tokyo, avec son ami Philippe Candeloro, ancien patineur. Joli écho avec sa conférence à Fribourg: le journaliste-comédien explique que la pièce est née de son envie de faire rire et de partager un moment de légèreté, parce que «les gens ont besoin d’être heureux». Pari réussi devant le RC Fribourg. Notons que le lien de Nelson Monfort à la Suisse, aujourd’hui âgé de 73 ans, passe aussi par son attachement à Fribourg et à son mythique club de hockey, Fribourg-Gottéron.