Plus de 60 jeunes venus de 19 pays ont quitté leur maison, leurs amis et tout ce qui leur était familier. Une année en Suisse les attend, avec une nouvelle famille, une autre école et une langue dans laquelle même les questions les plus simples deviennent difficiles. Le camp linguistique de Fiesch les aide à trouver au plus vite leurs propres mots pour cette nouvelle vie.
« Guten Abend, wie geht es dir? » Six mots allemands, comme tirés de la première leçon d’un cours de langue, qui signifient « Bonsoir, comment vas-tu ? ». Pour la PDG Andrea Weber, ils racontent toute une histoire.
Les jeunes étaient arrivés à Fiesch le samedi. Ce jour-là, les salutations se faisaient encore en anglais. Dès le dimanche soir, Andrea Weber, nouvelle présidente des Échanges de jeunes du Rotary Suisse/Liechtenstein, entendait un premier « Guten Abend, wie geht es dir? », prononcé avec un charmant accent espagnol ou anglais.
Une petite phrase, mais qui représente beaucoup pour un jeune arrivé en Suisse la veille à peine : je peux aborder quelqu’un. Je peux poser une question. J’obtiens une réponse.
Partir à l’étranger pour une année d’échange, c’est soudain devoir apprendre à faire des choses auxquelles on ne pense même pas chez soi. Comment dire à ma famille d’accueil ce dont j’ai besoin ? Comment expliquer à l’école que je n’ai pas compris un exercice ? Comment demander quel bus prendre ? Et comment dire à quelqu’un qu’aujourd’hui, je ne vais pas bien ?
Des mots pour une nouvelle vie
Le 8 août, 61 nouveaux « Inbounds » venus de 19 pays sont arrivés en Valais. Ils venaient des États-Unis, du Brésil, du Japon, du Canada, d’Argentine, du Chili, du Mexique et de bien d’autres régions du monde. Ils ont entre 16 ans et presque 18 ans. Certains avaient déjà étudié l’allemand ou le français pendant plusieurs années dans leur pays, d’autres débutaient.
Après l’accueil, les premières rencontres et l’installation dans les chambres, ils ont reçu les premières informations sur la vie au camp. Dès le dimanche, place aux cours : 36 leçons en une semaine, un examen final le vendredi après-midi et le silence dès 22 heures. Six élèves suivaient les cours de français, deux apprenaient l’italien, les autres l’allemand. Pour ces derniers, quatre classes avaient été constituées afin que les débutants comme les jeunes ayant déjà des connaissances puissent progresser.
L’objectif était très concret : permettre aux nouveaux Inbounds de se débrouiller seuls le plus rapidement possible, dans leur famille d’accueil, en classe, dans les magasins, lors de leurs déplacements et dans leurs échanges avec d’autres jeunes. Après Fiesch, les cours de langue se poursuivent donc en ligne avec Flying Teachers.
Le vocabulaire et la grammaire ne suffisent toutefois pas à trouver ses repères dans un pays étranger. Des ateliers en anglais et en espagnol portaient sur les produits suisses, les sports et les habitudes alimentaires, mais aussi sur le système politique, la communication et les exigences scolaires. Les jeunes ont surtout abordé des questions qui les concerneront directement au cours des prochains mois : comment vivre dans une nouvelle famille ? Quelles sont les règles tacites ? Qu’est-ce qui aide lorsque tout ce qui nous est familier semble soudain très loin ?
Pour deux jeunes, le mal du pays s’est fait sentir dès les premiers jours. Aucun emploi du temps ne pouvait y remédier. Il fallait des personnes à l’écoute, prêtes à leur consacrer du temps et capables de sentir quand une distraction pouvait leur faire du bien. Des discussions et une excursion supplémentaire à Brigue les ont aidés à prendre un peu de recul et à retrouver leur place dans le groupe.
Cela aussi fait partie du camp linguistique : apporter du soutien avant qu’un moment difficile ne se transforme en crise.
Celles et ceux qui facilitent les premiers pas
La semaine de Fiesch repose sur un important travail bénévole. Muriel Pestalozzi et Janine Bachmann, du secrétariat, Denis Gröflin, membre du comité de l’association des Échanges de jeunes du Rotary Suisse/Liechtenstein, Andrea Weber ainsi que des membres des commissions jeunesse des trois districts ont préparé, organisé et encadré le camp. Ils ont expliqué les règles, répondu aux questions, résolu de petits et de plus grands problèmes, tout en gardant une vue d’ensemble sur un groupe de 63 jeunes aux besoins très différents.
Sept membres de Rotex étaient particulièrement proches des Inbounds. Ils ont eux-mêmes vécu une année d’échange et savent ce que l’on ressent lors des premiers jours dans un nouveau pays. Chaque jour, ils organisaient deux heures de sport : tir à l’arc, minigolf, volleyball, football, basketball, escalade et natation. Un surveillant de baignade titulaire d’un brevet de sauvetage assurait la sécurité dans l’eau.
Les membres de Rotex participaient au réveil des jeunes, aux ateliers et aux excursions. Surtout, ils étaient disponibles. Sur le terrain de sport ou lors des sorties, les conversations naissaient souvent plus facilement qu’en classe. Une phrase pouvait rester inachevée, un mot manquer ou une réponse se donner avec les mains et les pieds.
Le beau temps estival a permis aux nouveaux arrivants de découvrir le Valais sous son plus beau jour. Lors de l’excursion à l’Eggishorn, le glacier d’Aletsch se dévoilait nettement devant eux. Pour des raisons de sécurité, le groupe avait été réparti en quatre équipes, chacune accompagnée de plusieurs adultes. Un autre défi les attendait sur le pont suspendu : pour certains, la traversée a été une véritable épreuve.
Le DG René Loretan a lui aussi rendu visite aux jeunes à Fiesch. Il y a assisté au début de plus de 60 années d’échange qui commencent en même temps et dont la réussite repose sur l’engagement commun des familles d’accueil, des Rotary Clubs, de l’Action Jeunesse, du secrétariat et de Rotex.
« J’ai rencontré des jeunes bien élevés, aimables et sympathiques », raconte la PDG Andrea Weber. Au bout d’une semaine, personne ne parle encore couramment allemand, français ou italien. Mais les premières questions ont été posées. Les jeunes savent comment demander de l’aide. Et ils ont rencontré des personnes qui les écoutent, même lorsqu’une phrase prend un peu plus de temps.
Partir à l’étranger ou accueillir le monde chez soi Les Échanges de jeunes du Rotary Suisse/Liechtenstein recherchent des jeunes de 15 à 18 ans qui souhaitent passer une année scolaire à l’étranger. Ils y fréquentent une école publique et vivent successivement dans plusieurs familles d’accueil. Lors de leur candidature, ils peuvent indiquer trois pays de préférence ; aucune destination ne peut toutefois être garantie. Des familles d’accueil sont également recherchées en Suisse et au Liechtenstein. Elles accueillent un jeune venu de l’étranger pendant une partie de son année d’échange et lui permettent de découvrir leur quotidien et la culture locale. Les familles sont préparées, formées et accompagnées par le Rotary tout au long du séjour. Informations complémentaires et inscription sur le site des Échanges de jeunes du Rotary Suisse/Liechtenstein. |