L'escalade au Proche-Orient a déclenché une avalanche humanitaire. Rien qu'au Liban, plus de 800 000 personnes sont en fuite et les infrastructures s'effondrent. À travers un appel à l'aide direct, le Rot. Emil J. Moawad et les clubs libanais s'adressent à la communauté rotarienne en Suisse.
Certaines nouvelles ne nous parviennent pas par les canaux officiels des agences de presse internationales. Elles arrivent directement, sans filtre et sans le protocole protecteur de la distance diplomatique. Ce sont de courtes vidéos de façades effondrées, des messages vocaux empreints de choc et des images WhatsApp de familles dormant à la belle étoile dans les rues de Beyrouth. Avec l'appel à l'aide lancé à la mi-mars par Emil J. Moawad (RC Beirut Cosmopolitan) au réseau rotarien, la crise lointaine du Proche-Orient devient soudainement une affaire personnelle. C'est le rappel douloureux que le Fellowship n'est pas un terme pour les périodes de beau temps, mais une promesse qui doit tenir précisément quand le monde bascule.
Le Liban, autrefois célébré comme un centre culturel et une plaque tournante financière, ressemble en mars 2026 à un champ de ruines. Les chiffres bruts de l'escalade actuelle sont monstrueux : bien plus de 800 000 personnes déplacées errent à travers le pays, des centaines de morts sont à déplorer, et les soins médicaux sont au bord de l'effondrement.
Pour nous, Rotariens, ces statistiques sont remplacées par des visages et des biographies. Quand Moawad partage les images de la destruction, nous ne voyons pas seulement des décombres anonymes – nous voyons l'œuvre de toute une vie d'amis qui planifiaient encore récemment des projets d'approvisionnement en eau ou d'énergie solaire et qui cherchent désormais eux-mêmes des abris d'urgence pour leurs familles. Dans son appel vidéo, Emil J. Moawad trouve des mots qui capturent l'impuissance et, en même temps, la détermination absolue sur place : « La situation est désormais au-delà du catastrophique. Il n'y a plus de zones sûres. Nous dormons dans des écoles, dans des jardins, sur les trottoirs. Nous ne demandons pas de pitié, nous demandons à notre famille rotarienne une marge de manœuvre pour assurer notre survie élémentaire. »
L'infrastructure morale de la confiance
Pourquoi cet appel nous touche-t-il si directement ? Peut-être parce que le Rotary au Liban a une histoire qui va bien au-delà des interventions à court terme. Le Liban fait partie du District 2452 – un centre de force organisationnel comptant plus de 1 200 membres répartis dans 74 clubs. Si nous pouvons réagir si précisément aujourd'hui, c'est grâce au travail préparatoire de plusieurs décennies sur place. Rien qu'au cours des dernières années, la communauté mondiale du Rotary a réalisé au Liban des projets d'une valeur de plusieurs millions de dollars : des systèmes de filtrage d'eau pour plus de 1 200 écoles publiques, des installations solaires pour des hôpitaux et des centres de formation, ainsi que la rénovation massive d'établissements de santé après l'explosion dévastatrice du port de Beyrouth. Cette infrastructure existante sert désormais de base à l'aide actuelle. Nous ne partons pas de zéro ; nous bâtissons sur un réseau de confiance et de compétences éprouvées.
C'est sur ce fondement que s'appuie l'initiative Unite for Lebanon. Lancée par le Rotaract Club Beirut Cosmopolitan et portée par toute la famille rotarienne du pays, l'objectif est aussi simple qu'efficace : la mise en relation directe des clubs locaux avec des donateurs internationaux via la plateforme unite4leb.com. Dans une région où les structures étatiques sont souvent marquées par l'instabilité, la transparence radicale devient la monnaie la plus précieuse. L'initiative permet d'apporter l'aide sans détours bureaucratiques là où elle est nécessaire dès cette nuit : auprès des familles réfugiées dans des stades de football ou des camps d'urgence. Il s'agit des choses les plus élémentaires – matelas, couvertures, médicaments et eau potable.
La responsabilité de l'héritage
« Le déplacement est un concept abstrait », disait-on récemment dans un discours sociologique sur les crises modernes. Au Liban, en mars 2026, il perd toute abstraction. Il signifie la perte de l'intimité, la perte de la sécurité et – ce qui pèse le plus lourd – la perte de la prévisibilité. Pour nous, en Suisse et au Liechtenstein, cet appel à l'aide est aussi une invitation à examiner le cœur de notre propre identité. Quand nous parlons de l'« héritage » du Rotary, nous parlons rarement de biens matériels. Nous parlons d'une décision consciente. Il ne s'agit pas de « posséder », mais de « laisser » un impact. S'engager en ces temps signifie supporter sa propre impuissance et planifier malgré tout la prochaine étape logistique.
Le fait que des personnes dorment aujourd'hui à la belle étoile au Liban, alors que nous réfléchissons à nos rendez-vous et à nos listes de choses à faire, crée une friction que nous ne pouvons pas résoudre – mais que nous pouvons utiliser. Le Critère des quatre questions n'est pas ici une construction théorique pour la table de conférence, mais la question quotidienne de l'équité et du bien de toutes les parties concernées. C'est l'action simple et nécessaire d'amis pour des amis. Et c'est peut-être précisément là la réponse la plus forte que nous puissions opposer à une guerre : le maintien inlassable des liens humains qui ne rompent pas, même quand le sol se dérobe sous les pieds.
Votre aide compte : Unite for Lebanon L'initiative sur unite4leb.com propose trois voies de soutien ciblées: Aide financière directe : Pour le fonds d'aide d'urgence destiné aux familles déplacées. Missions de biens matériels : Soutien à l'acquisition de biens critiques (lits, hygiène). Medical Support : Financement de cliniques mobiles pour les soins dans les camps d'urgence. Visitez unite4leb.com pour des rapports de projet détaillés et des possibilités de dons directs.
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