Aller à la rencontre des jeunes talents, créer des ponts avec les réseaux existants et offrir un cadre d’engagement souple et exigeant. Une équation à portée de main.
Dans de nombreux clubs Rotary, la moyenne d’âge progresse. Ce constat n’a rien d’inquiétant en soi. Il traduit une fidélité rare et une continuité précieuse. Mais il invite à une réflexion collective. Comment intégrer davantage de femmes et d’hommes plus jeunes, sans renoncer à l’ADN du Rotary, fait de service, d’éthique et de relations durables?
Les jeunes adultes d’aujourd’hui ne fuient pas l’engagement. Ils en attendent une forme différente. Ils souhaitent comprendre rapidement le sens de leur implication, mesurer l’impact concret des projets et pouvoir concilier vie professionnelle, familiale et associative. Le Rotary dispose là d’un atout considérable, à condition de le rendre lisible.
Encore faut-il savoir où chercher.
Lien vivant avec le Rotaract
Les viviers existent. Le Rotaract constitue une passerelle naturelle, trop souvent sous-exploitée. Les anciennes et anciens Rotaractiens arrivent à un moment de leur vie où l’engagement prend une autre dimension. Les clubs qui entretiennent un lien vivant avec leur Rotaract local créent une continuité fluide et cohérente. La commission recrutement pourrait développer une stratégie adaptée à la région et aux ambitions du club, cela se planifie et s’organise.
Cercles proches
D’autres réseaux offrent des proximités évidentes. La Jeune Chambre Économique ou la Jeune Chambre International, les associations de jeunes entrepreneurs, les réseaux d’indépendants, les cercles professionnels mixtes ou sectoriels. Sans oublier les milieux culturels, sportifs, sociaux, où l’engagement bénévole est déjà une évidence, et cette touche philanthropique rotarienne s’y ajoute. Aller à leur rencontre, inviter à participer à une action, proposer une expérience avant toute adhésion formelle, voilà souvent le premier pas décisif. Des opérations conjointes peuvent aussi rendre le Rotary attractifs pour de nouveaux membres.
Formats et finances
La forme compte autant que le fond. Réunions dynamiques, projets visibles, communication claire, flexibilité assumée. Les clubs qui osent adapter leurs rythmes, diversifier leurs formats et faire confiance aux nouvelles et nouveaux membres renforcent leur attractivité sans se renier. L’intergénérationnel devient alors une force, non un équilibre fragile.
La question financière mérite également d’être abordée avec lucidité et sans tabou. Pour une femme ou un homme en début ou en milieu de parcours professionnel, souvent engagé dans la construction d’une carrière, parfois avec une jeune famille, les cotisations rotariennes peuvent représenter un frein réel. Certains clubs, historiquement structurés avec des contributions élevées, s’interrogent légitimement sur leur attractivité auprès des plus jeunes.
Des pistes existent pourtant: étalement des cotisations, périodes d’intégration à tarif réduit, modulation temporaire de la participation financière ou implication progressive dans les actions avant un engagement complet.
Cette souplesse n’affaiblit pas le Rotary, elle le rend plus juste et plus en phase avec les réalités contemporaines. Elle permet surtout de rappeler que l’adhésion repose d’abord sur l’engagement, le temps et l’énergie donnés, avant la capacité contributive immédiate.
Rajeunir un club ne signifie pas se transformer pour plaire. Cela signifie rester fidèle à sa vocation. Servir, aujourd’hui, avec celles et ceux qui construiront demain.
Témoignages
Le Rotarien Adrien
Bellenger du RC Genève, 37 ans, cadre dans le secteur bancaire, partage son
expérience ainsi: «J’ai
découvert le Rotary tout à fait par hasard lors d'une collecte de denrée
alimentaire pour les sans-abris. J’imaginais quelque chose de très codifié,
mais j'ai rencontré des professionnels engagés qui partagent des valeurs fortes
comme le service, l’éthique, la solidarité et l’amitié. Je me suis tout de
suite reconnu dans ces valeurs humanistes. Je me suis ainsi engagé pour agir
concrètement pour des causes locales et internationales tout en développant des
relations humaines et professionnelles enrichissantes. On m’a rapidement confié
des projets et des responsabilités tout en respectant mes contraintes
professionnelles et familiales. Ce mélange d’expérience et d’énergie m’a donné
envie de m’investir durablement d’abord aux Etats-Unis puis en France et
maintenant en Suisse.»
La Rotarienne Murielle
Nussbaum du RC Lausanne-Rives, 39 ans, entrepreneure et responsable
communication, parle de la chance que le Rotary lui a offert de rencontrer des
personnes aux parcours très variés. «Je m’enrichis de leur expérience, de leur
engagement et de leurs conseils, et je m’y suis toujours sentie soutenue.
Grande voyageuse, j’ai découvert des clubs ouverts et bienveillants partout
dans le monde, qui créent un réseau humain unique.»