Les pratiques funéraires à travers le monde
Les
pratiques funéraires varient d’un pays à l’autre et ont évolué au fil
des siècles en fonction des représentations de la mort, de la religion
ou du statut social. Elles montrent en même temps que depuis les
premières sépultures préhistoriques, les humains n’ont jamais cessé de
chercher un sens à la mort.
Dans certaines grottes d’Europe ou
du Proche-Orient, les archéologues ont retrouvé des corps déposés avec
des outils ou de la nourriture. Ces sépultures intentionnelles, vieilles
de plus de 100000 ans, témoignent non seulement du soin qu’apportaient
les hommes de la préhistoire à l’enterrement de leurs morts. Elles
illustrent en même temps que nos ancêtres percevaient la mort comme un
passage.
Dans l’Antiquité, la mort était clairement considérée comme tel.
Les Égyptiens croyaient en la vie après la mort qui ne constitue alors
qu’une étape vers l’éternité. La momification, les tombeaux et les
pyramides reflètent l’importance accordée à la préservation du corps et à
la préparation de l’âme pour l’au-delà. Les tombes étaient en outre
d’objets destinés à accompagner les défunts dans l’au-delà. Tandis que
les pyramides étaient destinées aux pharaons, les Egyptiens «communs»
étaient couramment enterrés dans le sable. Le corps était enveloppé dans
un linceul ou une natte, et la chaleur et le sable sec aidaient à la
conservation.
Inhumation ou crémation
Dans la Grèce antique, les funérailles comportaient trois
étapes: l’exposition du corps, la procession, puis l’enterrement ou la
crémation. L’objectif était de permettre à l’âme de rejoindre le royaume
d’Hadès. Les Grecs craignent le sort des âmes errantes; ne pas enterrer
un mort, c’est le condamner à ne jamais trouver le repos.
Les Romains pratiquaient à la fois la crémation et l’inhumation, et
organisaient des funérailles publiques ou familiales selon leur rang
social.
Ailleurs dans le monde, d’autres civilisations bâtissaient aussi des
tombeaux grandioses pour honorer les morts — les pyramides mayas, les
tertres chinois ou les nécropoles perses en sont les exemples.
Quand l’Église dicte le cadre
Au Moyen Âge et avec l’avènement du christianisme, la mort
devient un passage spirituel encadré par l’Église, Le corps, promis à la
résurrection, doit être enterré en terre consacrée, la crémation est
interdite. Les personnes riches se font enterrer dans les églises ou
sous des gisants sculptés, tandis que le peuple repose dans les
cimetières paroissiaux.
L’Islam médiéval privilégiait l’inhumation rapide et un rite simple qui
met l’accent sur la pureté et l’humilité devant Dieu.
Dès le 16ème siècle, les funérailles deviennent un marqueur
social, notamment dans les pays occidentaux. Les nobles et les rois
orchestrent des cérémonies fastueuses. Les tombeaux familiaux se
multiplient, affirmant l’importance du lignage. Avec l’industrialisation
et l’urbanisation, la mort se professionnalise. Les pompes funèbres
apparaissent au 19ème siècle et la crémation revient. Aujourd’hui, la
crémation est devenue courante. Dans nos sociétés occidentales, les
funérailles deviennent de plus en plus personnalisées, moins
religieuses. En Europe comme en Amérique, la tendance va vers la
crémation, les jardins du souvenir ou des cimetières naturels. Et on
fait largement appel à des services funéraires professionnels.
En Asie, les traditions bouddhistes et hindouistes perpétuent la
crémation et le culte des ancêtres. La crémation est la norme en Inde,
où les cendres sont dispersées dans un fleuve sacré, souvent le Gange,
pour favoriser la libération du cycle des réincarnations. Au Tibet et en
Mongolie, les funérailles peuvent consister à offrir le corps aux vautours —
un symbole de retour à la nature. Aujourd’hui, d’autres rituels comme la
crémation sont également courants. Les traditions évoluent un peu
partout. Au Japon, des columbariums - un bâtiment, une pièce ou un mur
aménagé pour accueillir des urnes funéraires contenant les cendres de
personnes décédées - côtoient les autels domestiques dédiés aux
ancêtres.
En Afrique, le lien entre les vivants et les ancêtres est important. Les
cérémonies, communautaires, comprennent des danses, des chants et des
rituels symbolisant la transition vers un autre monde. La plupart des
peuples africains enterrent leurs morts.
Finir en compost?
En Europe et en Amérique, de nouvelles pratiques émergent.
Elles se veulent plus écologiques comme l’humusation, une nouvelle
technique de décomposition des corps pour les transformer en compost ;
l’aquamation, donc la dissolution du corps dans l’eau alcaline, ou
encore la transformation des cendres en arbre. Pour ce dernier rite, une
urne funéraire biodégradable qui contient les cendres du défunt et une
graine ou un jeune arbre est enterrée. Le jeune arbre puise dans les
cendres les nutriments dont il a besoin pour grandir, symbolisant ainsi
le cycle de la vie et de la mort.